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  外语解密学习法 逆读法(Reverse Reading Method)   解读法(Decode-Reading Method)训练范文 ——                 

解密目标语言:法语                                解密辅助语言:英语
              Language to be decoded:  French             Auxiliary Language :  English  

  
         
解密文本:《西蒙的爸爸》  [法国] 莫泊桑 原著          
 
 Le Papa de Simon
 par  Guy de Maupassant

 

                  Simon's Papa            
                                                                         by  Guy de Maupassant     
                                                                

           法汉对照(French & Chinese)                             法英对照(French & English)                           英汉对照(English & Chinese)


  


     Midi finissait de sonner. La porte de l'école s'ouvrit, et les gamins se précipitèrent en se bousculant pour sortir plus vite. Mais au lieu de se disperser rapidement et de rentrer dîner, comme ils le faisaient chaque jour, ils s'arrêtèrent à quelques pas, se réunirent par groupes et se mirent à chuchoter.

C'est que, ce matin-là, Simon, le fils de la Blanchotte, était venu à la classe pour la première fois.

Tous avaient entendu parler de la Blanchotte dans leurs familles ; et quoiqu'on lui fît bon accueil en public, les mères la traitaient entre elles avec une sorte de compassion un peu méprisante qui avait gagné les enfants sans qu'ils sussent du tout pourquoi.

Quant à Simon, ils ne le connaissaient pas, car il ne sortait jamais et il ne galopinait point avec eux dans les rues du village ou sur les bords de la rivière. Aussi ne l'aimaient-ils guère ; et c'était avec une certaine joie, mêlée d'un étonnement considérable, qu'ils avaient accueilli et qu'ils s'étaient répété l'un à l'autre cette parole dite par un gars de quatorze ou quinze ans qui paraissait en savoir long tant il clignait finement des yeux :

- Vous savez... Simon... eh bien, il n'a pas de papa.

Le fils de la Blanchotte parut à son tour sur le seuil de l'école.

Il avait sept ou huit ans. Il était un peu pâlot, très propre, avec l'air timide, presque gauche.
Il s'en retournait chez sa mère quand les groupes de ses camarades, chuchotant toujours et le regardant avec les yeux malins et cruels des enfants qui méditent un mauvais coup, l'entourèrent peu à peu et finirent par l'enfermer tout à fait. Il restait là, planté au milieu d'eux, surpris et embarrassé, sans comprendre ce qu'on allait lui faire. Mais le gars qui avait apporté la nouvelle, enorgueilli du succès obtenu déjà, lui demanda :

- Comment t'appelles-tu, toi ?

Il répondit : "Simon."

- Simon quoi ? reprit l'autre.

L'enfant répéta tout confus : "Simon."

Le gars lui cria : "On s'appelle Simon quelque chose... c'est pas un nom ça... Simon."

Et lui, prêt à pleurer, répondit pour la troisième fois :

- Je m'appelle Simon.

Les galopins se mirent à rire. Le gars triomphant éleva la voix : "Vous voyez bien qu'il n'a pas de papa."

Un grand silence se fit. Les enfants étaient stupéfaits par cette chose extraordinaire, impossible, monstrueuse, - un garçon qui n'a pas de papa ; - ils le regardaient comme un phénomène, un être hors de la nature, et ils sentaient grandir en eux ce mépris, inexpliqué jusque-là, de leurs mères pour la Blanchotte.
Quand à Simon, il s'était appuyé contre un arbre pour ne pas tomber ; et il restait comme atterré par un désastre irréparable. Il cherchait à s'expliquer. Mais il ne pouvait rien trouver pour leur répondre, et démentir cette chose affreuse qu'il n'avait pas de papa. Enfin, livide, il leur cria à tout hasard : "Si, j'en ai un."

- Où est-il ? demanda le gars.

Simon se tut ; il ne savait pas. Les enfants riaient, très excités ; et ces fils des champs, plus proches des bêtes, éprouvaient ce besoin cruel qui pousse les poules d'une basse-cour à achever l'une d'entre elles aussitôt qu'elle est blessée. Simon avisa tout à coup un petit voisin, le fils d'une veuve, qu'il avait toujours vu, comme lui-même, tout seul avec sa mère.

- Et toi non plus, dit-il, tu n'as pas de papa.

- Si, répondit l'autre, j'en ai un.

- Où est-il ? riposta Simon.

- Il est mort, déclara l'enfant avec une fierté superbe, il est au cimetière, mon papa.
Un murmure d'approbation courut parmi les garnements, comme si ce fait d'avoir son père mort au cimetière eût grandi leur camarade pour écraser cet autre qui n'en avait point du tout. Et ces polissons, dont les pères étaient, pour la plupart, méchants, ivrognes, voleurs et durs à leurs femmes, se bousculaient en se serrant de plus en plus, comme si eux, les légitimes, eussent voulu étouffer dans une pression celui qui était hors la loi.

L'un, tout à coup, qui se trouvait contre Simon, lui tira la langue d'un air narquois et lui cria :

- Pas de papa ! pas de papa !

Simon le saisit à deux mains aux cheveux et se mit à lui cribler les jambes de coups de pieds, pendant qu'il lui mordait la joue cruellement. Il se fit une bousculade énorme. Les deux combattants furent séparés, et Simon se trouva frappé, déchiré, meurtri, roulé par terre, au milieu du cercle des galopins qui applaudissaient. Comme il se relevait, en nettoyant machinalement avec sa main sa petite blouse toute sale de poussière, quelqu'un lui cria :

- Va le dire à ton papa.

Alors il sentit dans son coeur un grand écroulement. Ils étaient plus forts que lui, ils l'avaient battu, et il ne pouvait point leur répondre, car il sentait bien que c'était vrai qu'il n'avait pas de papa. Plein d'orgueil, il essaya pendant quelques secondes de lutter contre les larmes qui l'étranglaient. Il eut une suffocation, puis, sans cris, il se mit à pleurer par grands sanglots qui le secouaient précipitamment.

Alors une joie féroce éclata chez ses ennemis, et naturellement, ainsi que les sauvages dans leurs gaietés terribles, ils se prirent par la main et se mirent à danser en rond autour de lui, en répétant comme un refrain : "Pas de papa ! pas de papa !"
Mais Simon tout à coup cessa de sangloter. Une rage l'affola. Il y avait des pierres sous ses pieds ; il les ramassa et, de toutes ses forces, les lança contre ses bourreaux. Deux ou trois furent atteints et se sauvèrent en criant ; et il avait l'air tellement formidable qu'une panique eut lieu parmi les autres. Lâches, comme l'est toujours la foule devant un homme exaspéré, ils se débandèrent et s'enfuirent.

Resté seul, le petit enfant sans père se mit à courir vers les champs, car un souvenir lui était venu qui avait amené dans son esprit une grande résolution. Il voulait se noyer dans la rivière.
Il se rappelait en effet que, huit jours auparavant, un pauvre diable qui mendiait sa vie s'était jeté dans l'eau parce qu'il n'avait plus d'argent. Simon était là lorsqu'on le repêchait ; et le triste bonhomme, qui lui semblait ordinairement lamentable, malpropre et laid, l'avait alors frappé par son air tranquille, avec ses joues pâles, sa longue barbe mouillée et ses yeux ouverts, très calmes. On avait dit alentour : "Il est mort." Quelqu'un avait ajouté : "Il est bien heureux maintenant." - Et Simon voulait aussi se noyer parce qu'il n'avait pas de père, comme ce misérable qui n'avait pas d'argent.

Il arriva tout près de l'eau et la regarda couler. Quelques poissons folâtraient, rapides, dans le courant clair, et, par moments, faisaient un petit bond et happaient des mouches voltigeant à la surface. Il cessa de pleurer pour les voir, car leur manège l'intéressait beaucoup. Mais, parfois, comme dans les accalmies d'une tempête passent tout à coup de grandes rafales de vent qui font craquer les arbres et se perdent à l'horizon, cette pensée lui revenait avec une douleur aiguë : - "Je vais me noyer parce que je n'ai point de papa."
Il faisait très chaud, très bon. Le doux soleil chauffait l'herbe. L'eau brillait comme un miroir. Et Simon avait des minutes de béatitude, de cet alanguissement qui suit les larmes, où il lui venait de grandes envies de s'endormir là, sur l'herbe, dans la chaleur.

Une petite grenouille verte sauta sous ses pieds. Il essaya de la prendre. Elle lui échappa. Il la poursuivit et la manqua trois fois de suite. Enfin il la saisit par l'extrémité de ses pattes de derrière et il se mit à rire en voyant les efforts que faisait la bête pour s'échapper. Elle se ramassait sur ses grandes jambes, puis, d'une détente brusque, les allongeait subitement, roides comme deux barres ; tandis que, l'oeil tout rond avec son cercle d'or, elle battait l'air de ses pattes de devant qui s'agitaient comme des mains. Cela lui rappela un joujou fait avec d'étroites planchettes de bois clouées en zigzag les unes sur les autres, qui, par un mouvement semblable, conduisaient l'exercice de petits soldats piqués dessus. Alors, il pensa à sa maison, puis à sa mère, et, pris d'une grande tristesse, il recommença à pleurer. Des frissons lui passaient dans les membres ; il se mit à genoux et récita sa prière comme avant de s'endormir. Mais il ne put l'achever, car des sanglots lui revinrent si pressés, si tumultueux, qu'ils l'envahirent tout entier. Il ne pensait plus ; il ne voyait plus rien autour de lui et il n'était occupé qu'à pleurer.

Soudain, une lourde main s'appuya sur son épaule et une grosse voix lui demanda : "Qu'est-ce qui te fait donc tant de chagrin, mon bonhomme ?"
Simon se retourna. Un grand ouvrier qui avait une barbe et des cheveux noirs tout frisés le regardait d'un air bon. Il répondit avec des larmes plein les yeux et plein la gorge :

- Ils m'ont battu... parce que... je... je... n'ai pas... de papa... pas de papa...

- Comment, dit l'homme en souriant, mais tout le monde en a un.

L'enfant reprit péniblement au milieu des spasmes de son chagrin : "Moi... moi... je n'en ai pas."

Alors l'ouvrier devint grave ; il avait reconnu le fils de la Blanchotte, et, quoique nouveau dans le pays, il savait vaguement son histoire.

- Allons, dit-il, console-toi, mon garçon, et viens-t-en avec moi chez ta maman. On t'en donnera... un papa.

Ils se mirent en route, le grand tenant le petit par la main, et l'homme souriait de nouveau, car il n'était pas fâché de voir cette Blanchotte, qui était, contait-on, une des plus belles filles du pays ; et il se disait peut-être, au fond de sa pensée, qu'une jeunesse qui avait failli pouvait bien faillir encore.
Ils arrivèrent devant une petite maison blanche, très propre.

- C'est là, dit l'enfant, et il cria : "Maman !"
Une femme se montra, et l'ouvrier cessa brusquement de sourire, car il comprit tout de suite qu'on ne badinait plus avec cette grande fille pâle qui restait sévère sur sa porte, comme pour défendre à un homme le seuil de cette maison où elle avait été déjà trahie par un autre. Intimidé et sa casquette à la main, il balbutia :

- Tenez, madame, je vous ramène votre petit garçon qui s'était perdu près de la rivière.
Mais Simon sauta au cou de sa mère et lui dit en se remettant à pleurer :

- Non, maman, j'ai voulu me noyer, parce que les autres m'ont battu... m'ont battu... parce que je n'ai pas de papa.

Une rougeur cuisante couvrit les joues de la jeune femme, et, meurtrie jusqu'au fond de sa chair, elle embrassa son enfant avec violence pendant que des larmes rapides lui coulaient sur la figure. L'homme ému restait là, ne sachant comment partir. Mais Simon soudain courut vers lui et lui dit :

- Voulez-vous être mon papa ?

Un grand silence se fit. La Blanchotte, muette et torturée de honte, s'appuyait contre le mur, les deux mains sur son coeur. L'enfant, voyant qu'on ne lui répondait point, reprit :

- Si vous ne voulez pas, je retournerai me noyer.

L'ouvrier prit la chose en plaisanterie et répondit en riant ;

- Mais oui, je veux bien.

- Comment est-ce que tu t'appelles, demanda alors l'enfant, pour que je réponde aux autres quand ils voudront savoir ton nom ?

- Philippe, répondit l'homme.

Simon se tut une seconde pour bien faire entrer ce nom-là dans sa tête, puis il tendit les bras, tout consolé, en disant :

- Eh bien ! Philippe, tu es mon papa.

L'ouvrier, l'enlevant de terre, l'embrassa brusquement sur les deux joues, puis il s'enfuit très vite à grandes enjambées.

Quand l'enfant entra dans l'école, le lendemain, un rire méchant l'accueillit ; et à la sortie, lorsque le gars voulu recommencer, Simon lui jeta ces mots à la tête, comme il aurait fait d'une pierre : "Il s'appelle Philippe, mon papa."

Des hurlements de joie jaillirent de tous les côtés :

- Philippe qui ?... Philippe quoi ?... Qu'est-ce que c'est que ça, Philippe ?... Où l'as-tu pris ton Philippe ?

Simon ne répondit rien ; et, inébranlable dans sa foi, il les défiait de l'oeil, prêt à se laisser martyriser plutôt que de fuir devant eux. Le maître d'école le délivra et il retourna chez sa mère.
Pendant trois mois, le grand ouvrier Philippe passa souvent auprès de la maison de la Blanchotte et, quelquefois, il s'enhardissait à lui parler lorsqu'il la voyait cousant auprès de sa fenêtre. Elle lui répondait poliment, toujours grave, sans rire jamais avec lui, et sans le laisser entrer chez elle. Cependant, un peu fat, comme tous les hommes, il s'imagina qu'elle était souvent plus rouge que de coutume lorsqu'elle causait avec lui.

Mais une réputation tombée est si pénible à refaire et demeure toujours si fragile, que, malgré la réserve ombrageuse de la Blanchotte, on jasait déjà dans le pays.

Quant à Simon, il aimait beaucoup son nouveau papa et se promenait avec lui presque tous les soirs, la journée finie. Il allait assidûment à l'école et passait au milieu de ses camarades fort digne, sans leur répondre jamais.

Un jour, pourtant, le gars qui l'avait attaqué le premier lui dit :

- Tu as menti, tu n'as pas un papa qui s'appelle Philippe.

- Pourquoi ça ? demanda Simon très ému.

Le gars se frottait les mains. Il reprit :

- Parce que si tu en avais un, il serait le mari de ta maman.

Simon se troubla devant la justesse de ce raisonnement, néanmoins il répondit : "C'est mon papa tout de même."

- Ça se peut bien, dit le gars en ricanant, mais ce n'est pas ton papa tout à fait.

Le petit à la Blanchotte courba la tête et s'en alla rêveur du côté de la forge au père Loizon, où travaillait Philippe.

Cette forge était comme ensevelie sous des arbres. Il y faisait très sombre ; seule, la lueur rouge d'un foyer formidable éclairait par grands reflets cinq forgerons aux bras nus qui frappaient sur leurs enclumes avec un terrible fracas. Ils se tenaient debout, enflammés comme des démons, les yeux fixés sur le fer ardent qu'ils torturaient ; et leur lourde pensée montait et retombait avec leurs marteaux.

Simon entra sans être vu et alla tout doucement tirer son ami par la manche. Celui-ci se retourna. Soudain le travail s'interrompit, et tous les hommes regardèrent, très attentifs. Alors, au milieu de ce silence inaccoutumé, monta la petite voix frêle de Simon.

- Dis donc, Philippe, le gars à la Michaude qui m'a conté tout à l'heure que tu n'étais pas mon papa tout à fait.

- Pourquoi ça ? demanda l'ouvrier.

L'enfant répondit avec toute sa naïveté :

- Parce que tu n'es pas le mari de maman.
Personne ne rit. Philippe resta debout, appuyant son front sur le dos de ses grosses mains que supportait le manche de son marteau dressé sur l'enclume. Il rêvait. Ses quatre compagnons le regardaient et, tout petit entre ces géants, Simon, anxieux, attendait. Tout à coup, un des forgerons, répondant à la pensée de tous, dit à Philippe :

- C'est tout de même une bonne et brave fille que la Blanchotte, et vaillante et rangée malgré son malheur, et qui serait une digne femme pour un honnête homme.

- Ça, c'est vrai, dirent les trois autres.
L'ouvrier continua :

- Est-ce sa faute, à cette fille, si elle a failli ? On lui avait promis mariage, et j'en connais plus d'une qu'on respecte bien aujourd'hui et qui en a fait tout autant.

- Ça, c'est vrai, répondirent en choeur les trois hommes.

Il reprit : "Ce qu'elle a peiné, la pauvre, pour élever son gars toute seule, et ce qu'elle a pleuré depuis qu'elle ne sort plus que pour aller à l'église, il n'y a que le bon Dieu qui le sait."

- C'est encore vrai, dirent les autres.

Alors on n'entendit plus que le soufflet qui activait le feu du foyer. Philippe, brusquement, se pencha vers Simon :

- "Va dire à ta maman que j'irai lui parler ce soir."

Puis il poussa l'enfant dehors par les épaules.
Il revint à son travail et, d'un seul coup, les cinq marteaux retombèrent ensemble sur les enclumes. Ils battirent ainsi le fer jusqu'à la nuit, forts, puissants, joyeux comme des marteaux satisfaits. Mais, de même que le bourdon d'une cathédrale résonne dans les jours de fête au-dessus du tintement des autres cloches, ainsi le marteau de Philippe, dominant le fracas des autres, s'abattait de seconde en seconde avec un vacarme assourdissant. Et lui, l'oeil allumé, forgeait passionnément, debout dans les étincelles.
Le ciel était plein d'étoiles quand il vint frapper à la porte de la Blanchotte. Il avait sa blouse des dimanches, une chemise fraîche et la barbe faite. La jeune femme se montra sur le seuil et lui dit d'un air peiné : "C'est mal de venir ainsi la nuit tombée, monsieur Philippe."

Il voulut répondre, balbutia et resta confus devant elle.

Elle reprit : - "Vous comprenez bien pourtant qu'il ne faut plus que l'on parle de moi."

Alors, lui, tout à coup :

- Qu'est-ce que ça fait, dit-il, si vous voulez être ma femme !

Aucune voix ne lui répondit, mais il crut entendre dans l'ombre de la chambre le bruit d'un corps qui s'affaissait. Il entra bien vite ; et Simon, qui était couché dans son lit, distingua le son d'un baiser et quelques mots que sa mère murmurait bien bas. Puis, tout à coup, il se sentit enlevé dans les mains de son ami, et celui-ci, le tenant au bout de ses bras d'hercule, lui cria :

- Tu leur diras, à tes camarades, que ton papa c'est Philippe Remy, le forgeron, et qu'il ira tirer les oreilles à tous ceux qui te feront du mal.

Le lendemain, comme l'école était pleine et que la classe allait commencer, le petit Simon se leva, tout pâle et les lèvres tremblantes : "Mon papa, dit-il d'une voix claire, c'est Philippe Remy, le forgeron, et il a promis qu'il tirerait les oreilles à tous ceux qui me feraient du mal."

Cette fois, personne ne rit plus, car on le connaissait bien ce Philippe Remy, le forgeron, et c'était un papa, celui-là, dont tout le monde eût été fier.



 


      Noon had just struck. The school door opened and the youngsters darted out, jostling each other in their haste to get out quickly. But instead of promptly dispersing and going home to dinner as usual, they stopped a few paces off, broke up into knots, and began whispering.

The fact was that, that morning, Simon, the son of La Blanchotte, had, for the first time, attended school.

They had all of them in their families heard talk of La Blanchotte; and, although in public she was welcome enough, the mothers among themselves treated her with a somewhat disdainful compassion, which the children had imitated without in the least knowing why.

As for Simon himself, they did not know him, for he never went out, and did not run about with them in the streets of the village, or along the banks of the river. And they did not care for him; so it was with a certain delight, mingled with considerable astonishment, that they met and repeated to each other what had been said by a lad of fourteen or fifteen who appeared to know all about it, so sagaciously did he wink. "You know--Simon--well, he has no papa."

Just then La Blanchotte's son appeared in the doorway of the school.

He was seven or eight years old, rather pale, very neat, with a timid and almost awkward manner.

He was starting home to his mother's house when the groups of his schoolmates, whispering and watching him with the mischievous and heartless eyes of children bent upon playing a nasty trick, gradually closed in around him and ended by surrounding him altogether. There he stood in their midst, surprised and embarrassed, not understanding what they were going to do with him. But the lad who had brought the news, puffed up with the success he had met with already, demanded:

"What is your name, you?"

He answered: "Simon."

"Simon what?" retorted the other.

The child, altogether bewildered, repeated: "Simon."

The lad shouted at him: "One is named Simon something--that is not a name--Simon indeed."

The child, on the brink of tears, replied for the third time:

"My name is Simon."

The urchins began to laugh. The triumphant tormentor cried: "You can see plainly that he has no papa."

A deep silence ensued. The children were dumfounded by this extraordinary, impossible, monstrous thing--a boy who had not a papa; they looked upon him as a phenomenon, an unnatural being, and they felt that hitherto inexplicable contempt of their mothers for La Blanchotte growing upon them. As for Simon, he had leaned against a tree to avoid falling, and he remained as if prostrated by an irreparable disaster. He sought to explain, but could think of nothing-to say to refute this horrible charge that he had no papa. At last he shouted at them quite recklessly: "Yes, I have one."

"Where is he?" demanded the boy.

Simon was silent, he did not know. The children roared, tremendously excited; and those country boys, little more than animals, experienced that cruel craving which prompts the fowls of a farmyard to destroy one of their number as soon as it is wounded. Simon suddenly espied a little neighbor, the son of a widow, whom he had seen, as he himself was to be seen, always alone with his mother.

"And no more have you," he said; "no more have you a papa."

"Yes," replied the other, "I have one."

"Where is he?" rejoined Simon.

"He is dead," declared the brat, with superb dignity; "he is in the cemetery, is my papa."

A murmur of approval rose among the little wretches as if this fact of possessing a papa dead in a cemetery had caused their comrade to grow big enough to crush the other one who had no papa at all. And these boys, whose fathers were for the most part bad men, drunkards, thieves, and who beat their wives, jostled each other to press closer and closer, as though they, the legitimate ones, would smother by their pressure one who was illegitimate.

The boy who chanced to be next Simon suddenly put his tongue out at him with a mocking air and shouted at him:

"No papa! No papa!"

Simon seized him by the hair with both hands and set to work to disable his legs with kicks, while he bit his cheek ferociously. A tremendous struggle ensued between the two combatants, and Simon found himself beaten, torn, bruised, rolled on the ground in the midst of the ring of applauding schoolboys. As he arose, mechanically brushing with his hand his little blouse all covered with dust, some one shouted at him:

"Go and tell your papa."

Then he felt a great sinking at his heart. They were stronger than he was, they had beaten him, and he had no answer to give them, for he knew well that it was true that he had no papa. Full of pride, he attempted for some moments to struggle against the tears which were choking him. He had a feeling of suffocation, and then without any sound he commenced to weep, with great shaking sobs. A ferocious joy broke out among his enemies, and, with one accord, just like savages in their fearful festivals, they took each other by the hand and danced round him in a circle, repeating as a refrain:

"No papa! No papa!"

But suddenly Simon ceased sobbing. He became ferocious. There were stones under his feet; he picked them up and with all his strength hurled them at his tormentors. Two or three were struck and rushed off yelling, and so formidable did he appear that the rest became panic-stricken. Cowards, as the mob always is in presence of an exasperated man, they broke up and fled. Left alone, the little fellow without a father set off running toward the fields, for a recollection had been awakened in him which determined his soul to a great resolve. He made up his mind to drown himself in the river.

He remembered, in fact, that eight days before, a poor devil who begged for his livelihood had thrown himself into the water because he had no more money. Simon had been there when they fished him out again; and the wretched man, who usually seemed to him so miserable, and ugly, had then struck him as being so peaceful with his pale cheeks, his long drenched beard, and his open eyes full of calm. The bystanders had said:

"He is dead."

And some one had said:

"He is quite happy now."

And Simon wished to drown himself also, because he had no father, just like the wretched being who had no money.

He reached the water and watched it flowing. Some fish were sporting briskly in the clear stream and occasionally made a little bound and caught the flies flying on the surface. He stopped crying in order to watch them, for their maneuvers interested him greatly. But, at intervals, as in a tempest intervals of calm alternate suddenly with tremendous gusts of wind, which snap off the trees and then lose themselves in the horizon, this thought would return to him with intense pain:

"I am going to drown myself because I have no papa."

It was very warm, fine weather. The pleasant sunshine warmed the grass. The water shone like a mirror. And Simon enjoyed some minutes of happiness, of that languor which follows weeping, and felt inclined to fall asleep there upon the grass in the warm sunshine.

A little green frog leaped from under his feet. He endeavored to catch it. It escaped him. He followed it and lost it three times in succession. At last he caught it by one of its hind legs and began to laugh as he saw the efforts the creature made to escape. It gathered itself up on its hind legs and then with a violent spring suddenly stretched them out as stiff as two bars; while it beat the air with its front legs as though they were hands, its round eyes staring in their circle of yellow. It reminded him of a toy made of straight slips of wood nailed zigzag one on the other; which by a similar movement regulated the movements of the little soldiers fastened thereon. Then he thought of his home, and then of his mother, and, overcome by sorrow, he again began to weep. A shiver passed over him. He knelt down and said his prayers as before going to bed. But he was unable to finish them, for tumultuous, violent sobs shook his whole frame. He no longer thought, he no longer saw anything around him, and was wholly absorbed in crying.

Suddenly a heavy hand was placed upon his shoulder, and a rough voice asked him:

"What is it that causes you so much grief, my little man?"

Simon turned round. A tall workman with a beard and black curly hair was staring at him good-naturedly. He answered with his eyes and throat full of tears:

"They beat me--because--I--I have no--papa--no papa."

"What!" said the man, smiling; "why, everybody has one."

The child answered painfully amid his spasms of grief:

"But I--I--I have none."

Then the workman became serious. He had recognized La Blanchotte's son, and, although himself a new arrival in the neighborhood, he had a vague idea of her history.

"Well," said he, "console yourself, my boy, and come with me home to your mother. They will give you--a papa."

And so they started on the way, the big fellow holding the little fellow by the hand, and the man smiled, for he was not sorry to see this Blanchotte, who was, it was said, one of the prettiest girls of the countryside, and, perhaps, he was saying to himself, at the bottom of his heart, that a lass who had erred might very well err again.

They arrived in front of a very neat little white house.

"There it is," exclaimed the child, and he cried, "Mamma!"

A woman appeared, and the workman instantly left off smiling, for he saw at once that there was no fooling to be done with the tall pale girl who stood austerely at her door as though to defend from one man the threshold of that house where she had already been betrayed by another. Intimidated, his cap in his hand, he stammered out:

"See, madame, I have brought you back your little boy who had lost himself near the river."

But Simon flung his arms about his mother's neck and told her, as he again began to cry:

"No, mamma, I wished to drown myself, because the others had beaten me-- had beaten me--because I have no papa."

A burning redness covered the young woman's cheeks; and, hurt to the quick, she embraced her child passionately, while the tears coursed down her face. The man, much moved, stood there, not knowing how to get away.

But Simon suddenly ran to him and said:

"Will you be my papa?"

A deep silence ensued. La Blanchotte, dumb and tortured with shame, leaned herself against the wall, both her hands upon her heart. The child, seeing that no answer was made him, replied:

"If you will not, I shall go back and drown myself."

The workman took the matter as a jest and answered, laughing:

"Why, yes, certainly I will."

"What is your name," went on the child, "so that I may tell the others when they wish to know your name?"

"Philip," answered the man:

Simon was silent a moment so that he might get the name well into his head; then he stretched out his arms, quite consoled, as he said:

"Well, then, Philip, you are my papa."

The workman, lifting him from the ground, kissed him hastily on both cheeks, and then walked away very quickly with great strides. When the child returned to school next day he was received with a spiteful laugh, and at the end of school, when the lads were on the point of recommencing, Simon threw these words at their heads as he would have done a stone: "He is named Philip, my papa."

Yells of delight burst out from all sides.

"Philip who? Philip what? What on earth is Philip? Where did you pick up your Philip?"

Simon answered nothing; and, immovable in his faith, he defied them with his eye, ready to be martyred rather than fly before them. The school master came to his rescue and he returned home to his mother.

During three months, the tall workman, Philip, frequently passed by La Blanchotte's house, and sometimes he made bold to speak to her when he saw her sewing near the window. She answered him civilly, always sedately, never joking with him, nor permitting him to enter her house. Notwithstanding, being, like all men, a bit of a coxcomb, he imagined that she was often rosier than usual when she chatted with him.

But a lost reputation is so difficult to regain and always remains so fragile that, in spite of the shy reserve of La Blanchotte, they already gossiped in the neighborhood.

As for Simon he loved his new papa very much, and walked with him nearly every evening when the day's work was done. He went regularly to school, and mixed with great dignity with his schoolfellows without ever answering them back.

One day, however, the lad who had first attacked him said to him:

"You have lied. You have not a papa named Philip."

"Why do you say that?" demanded Simon, much disturbed.

The youth rubbed his hands. He replied:

"Because if you had one he would be your mamma's husband."

Simon was confused by the truth of this reasoning; nevertheless, he retorted:

"He is my papa, all the same."

"That can very well be," exclaimed the urchin with a sneer, "but that is not being your papa altogether."

La Blanchotte's little one bowed his head and went off dreaming in the direction of the forge belonging to old Loizon, where Philip worked. This forge was as though buried beneath trees. It was very dark there; the red glare of a formidable furnace alone lit up with great flashes five blacksmiths; who hammered upon their anvils with a terrible din. They were standing enveloped in flame, like demons, their eyes fixed on the red-hot iron they were pounding; and their dull ideas rose and fell with their hammers.

Simon entered without being noticed, and went quietly to pluck his friend by the sleeve. The latter turned round. All at once the work came to a standstill, and all the men looked on, very attentive. Then, in the midst of this unaccustomed silence, rose the slender pipe of Simon:

"Say, Philip, the Michaude boy told me just now that you were not altogether my papa."

"Why not?" asked the blacksmith,

The child replied with all innocence:

"Because you are not my mamma's husband."

No one laughed. Philip remained standing, leaning his forehead upon the back of his great hands, which supported the handle of his hammer standing upright upon the anvil. He mused. His four companions watched him, and Simon, a tiny mite among these giants, anxiously waited. Suddenly, one of the smiths, answering to the sentiment of all, said to Philip:

"La Blanchotte is a good, honest girl, and upright and steady in spite of her misfortune, and would make a worthy wife for an honest man."

"That is true," remarked the three others.

The smith continued:

"Is it the girl's fault if she went wrong? She had been promised marriage; and I know more than one who is much respected to-day, and who sinned every bit as much."

"That is true," responded the three men in chorus.

He resumed:

"How hard she has toiled, poor thing, to bring up her child all alone, and how she has wept all these years she has never gone out except to church, God only knows."

"This is also true," said the others.

Then nothing was heard but the bellows which fanned the fire of the furnace. Philip hastily bent himself down to Simon:

"Go and tell your mother that I am coming to speak to her this evening." Then he pushed the child out by the shoulders. He returned to his work, and with a single blow the five hammers again fell upon their anvils. Thus they wrought the iron until nightfall, strong, powerful, happy, like contented hammers. But just as the great bell of a cathedral resounds upon feast days above the jingling of the other bells, so Philip's hammer, sounding above the rest, clanged second after second with a deafening uproar. And he stood amid the flying sparks plying his trade vigorously.

The sky was full of stars as he knocked at La Blanchotte's door. He had on his Sunday blouse, a clean shirt, and his beard was trimmed. The young woman showed herself upon the threshold, and said in a grieved tone:

"It is ill to come thus when night has fallen, Mr. Philip."

He wished to answer, but stammered and stood confused before her.

She resumed:

"You understand, do you not, that it will not do for me to be talked about again."

"What does that matter to me, if you will be my wife!"

No voice replied to him, but he believed that he heard in the shadow of the room the sound of a falling body. He entered quickly; and Simon, who had gone to bed, distinguished the sound of a kiss and some words that his mother murmured softly. Then, all at once, he found himself lifted up by the hands of his friend, who, holding him at the length of his herculean arms, exclaimed:

"You will tell them, your schoolmates, that your papa is Philip Remy, the blacksmith, and that he will pull the ears of all who do you any harm."

On the morrow, when the school was full and lessons were about to begin, little Simon stood up, quite pale with trembling lips:

"My papa," said he in a clear voice, "is Philip Remy, the blacksmith, and he has promised to pull the ears of all who does me any harm."

This time no one laughed, for he was very well known, was Philip Remy, the blacksmith, and was a papa of whom any one in the world would have been proud.

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