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  外语解密学习法 逆读法(Reverse Reading Method)   解读法(Decode-Reading Method)训练范文 ——                 

    解密目标语言:法语                                解密辅助语言:英语
                    Language to be decoded:  French             Auxiliary Language :  English  


解密文本:
   《我的叔叔于勒》  [法国] 莫泊桑 原著
   
    

                                                      
Mon Oncle Jules
par  Guy de Maupassant

  
    

 

        My Uncle Jules            
                                                                by   Guy de Maupassant    
                                                                

                                                    
        法汉对照(French & Chinese)                                    法英对照(French & English)                               英汉对照(English & Chinese)
    

 

    Un vieux pauvre, à barbe blanche, nous demanda l'aumône. Mon camarade Joseph Davranche lui donna cent sous. Je fus surpris. Il me dit :
    - Ce misérable m'a rappelé une histoire que je vais te dire et dont le souvenir me poursuit sans cesse. La voici :


   
Ma famille, originaire du Havre, n'était pas riche. On s'en tirait, voilà tout. Le père travaillait, rentrait tard du bureau et ne gagnait pas grand-chose. J'avais deux soeurs.
    Ma mère souffrait beaucoup de la gêne où nous vivions, et elle trouvait souvent des paroles aigres pour son mari, des reproches voilés et perfides. Le pauvre homme avait alors un geste qui me navrait. Il se passait la main ouverte sur le front, comme pour essuyer une sueur qui n'existait pas, et il ne répondait rien. Je sentais sa douleur impuissante. On économisait sur tout ; on n'acceptait jamais un dîner, pour n'avoir pas à le rendre ; on achetait les provisions au rabais, les fonds de boutique. Mes soeurs faisaient leurs robes elles-mêmes et avaient de longues discussions sur le prix du galon qui valait quinze centimes le mètre. Notre nourriture ordinaire consistait en soupe grasse et boeuf accommodé à toutes les sauces. Cela est sain et réconfortant, parait-il ; j'aurais préféré autre chose.
     On me faisait des scènes abominables pour les boutons perdus et les pantalons déchirés.

 

 

     Mais chaque dimanche nous allions faire notre tour de jetée en grande tenue. Mon père, en redingote, en grand chapeau, en gants, offrait le bras à ma mère, pavoisée comme un navire un jour de fête. Mes soeurs, prêtes les premières, attendaient le signal du départ ; mais, au dernier moment, on découvrait toujours une tache oubliée sur la redingote du père de famille, et il fallait bien vite l'effacer avec un chiffon mouillé de benzine.
  

    Mon père, gardant son grand chapeau sur la tête, attendait, en manches de chemise, que l'opération fût terminée, tandis que ma mère se hâtait, ayant ajusté ses lunettes de myope, et ôté ses gants pour ne les pas gâter.
   

    On se mettait en route avec cérémonie. Mes soeurs marchaient devant, en se donnant le bras. Elles étaient en âge de mariage, et on en faisait montre en ville. Je me tenais à gauche de ma mère, dont mon père gardait la droite. Et je me rappelle l'air pompeux de mes pauvres parents dans ces promenades du dimanche, la rigidité de leurs traits, la sévérité de leur allure. Ils avançaient d'un pas grave, le corps droit, les jambes raides, comme si une affaire d'une importance extrême eût dépendu de leur tenue.
    Et chaque dimanche, en voyant entrer les grands navires qui revenaient de pays inconnus et lointains, mon père prononçait invariablement les mêmes paroles :
    - Hein ! si Jules était là-dedans, quelle surprise !
 

 

 

     Mon oncle Jules, le frère de mon père, était le seul espoir de la famille, après en avoir été la terreur. J'avais entendu parler de lui depuis mon enfance, et il me semblait que je l'aurais reconnu du premier coup, tant sa pensée m'était devenue familière. Je savais tous les détails de son existence jusqu'au jour de son départ pour l'Amérique, bien qu'on ne parlât qu'à voix basse de cette période de sa vie.
    Il avait eu, parait-il, une mauvaise conduite, c'est-à-dire qu'il avait mangé quelque argent, ce qui est bien le plus grand des crimes pour les familles pauvres. Chez les riches, un homme qui s'amuse fait des bêtises. Il est ce qu'on appelle en souriant, un noceur. Chez les nécessiteux, un garçon qui force les parents à écorner le capital devient un mauvais sujet, un gueux, un drôle! Et cette distinction est juste, bien que le fait soit le même, car les conséquences seules déterminent la gravité de l'acte.
   

    Enfin l'oncle Jules avait notablement diminué l'héritage sur lequel comptait mon père ; après avoir d'ailleurs mangé sa part jusqu'au dernier sou.On l'avait embarqué pour l'Amérique, comme on faisait a lors, sur un navire marchand allant du Havre à New York.
    Une fois là-bas, mon oncle Jules s'établit marchand de je ne sais quoi, et il écrivit qu'il gagnait un peu d'argent et qu'il espérait pouvoir dédommager mon père du tort qu'il lui avait fait. Cette lettre causa dans la famille une émotion profonde. Jules, qui ne valait pas, comme on dit, les quatre fers d'un chien, devint tout à coup un honnête homme, un garçon de coeur, un vrai Davranche, intègre comme tous les Davranche.
   

    Un capitaine nous apprit en outre qu'il avait loué une grande boutique et qu'il faisait un commerce important.
   Une seconde lettre, deux ans plus tard, disait : "Mon cher Philippe, je t'écris pour que tu ne t'inquiètes pas de ma santé, qui est bonne. Les affaires aussi vont bien. Je pars demain pour un long voyage dans l'Amérique du Sud. Je serai peut-être plusieurs années sans te donner de mes nouvelles. Si je ne t'écris pas, ne sois pas inquiet. Je reviendrai au Havre une fois fortune faite. J'espère que ce ne sera pas trop long, et nous vivrons heureux ensemble... "

 

    Cette lettre était devenue l'évangile de la famille. On la lisait à tout propos, on la montrait à tout le monde.
    Pendant dix ans en effet, l'oncle Jules ne donna plus de nouvelles ; mais l'espoir de mon père grandissait à mesure que le temps marchait ; et ma mère disait souvent :
    - Quand ce bon Jules sera là, notre situation changera. En voilà un qui a su se tirer d'affaire !

 

    Et chaque dimanche, en regardant venir de l'horizon les gros vapeurs noirs vomissant sur le ciel des serpents de fumée, mon père répétait sa phrase éternelle :
   - Hein ! si Jules était là-dedans, quelle surprise !
    Et on s'attendait presque à le voir agiter un mouchoir, et crier :
    - Ohé ! Philippe.
 

 

 

    On avait échafaudé mille projets sur ce retour assuré ; on devait même acheter, avec l'argent de l'oncle, une petite maison de campagne près d'Ingouville. Je n'affirmerais pas que mon Père n'eût point entamé déjà des négociations à ce sujet.
    L'aînée de mes soeurs avait alors vingt-huit ans ; l'autre vingt-six. Elles ne se mariaient pas, et c'était là un gros chagrin pour tout le monde.
    Un prétendant enfin se présenta pour la seconde. Un employé, pas riche, mais honorable. J'ai toujours eu la conviction que la lettre de l'oncle Jules, montrée un soir, avait terminé les hésitations et emporté la résolution du jeune homme.
    On l'accepta avec empressement, et il fut décidé qu'après le mariage toute la famille ferait ensemble un petit voyage à Jersey.
   

    Jersey est l'idéal du voyage pour les gens pauvres. Ce n'est pas loin ; on passe la mer dans un paquebot et on est en terre étrangère, cet îlot appartenant aux Anglais. Donc, un Français, avec deux heures de navigation, peut s'offrir la vue d'un peuple voisin chez lui et étudier les moeurs, déplorables d'ailleurs, de cette île couverte par le pavillon britannique, comme disent les gens qui parlent avec simplicité.
    Ce voyage de Jersey devint notre préoccupation, notre unique attente, notre rêve de tous les instants.
 

    On partit enfin. Je vois cela comme si c'était d'hier : le vapeur chauffant contre le quai de Granville ; mon père, effaré, surveillant l'embarquement de nos trois colis ; ma mère inquiète ayant pris le bras de ma soeur non mariée, qui semblait perdue depuis le départ de l'autre, comme un poulet resté seul de sa couvée ; et, derrière nous, les nouveaux époux qui restaient toujours en arrière, ce qui me faisait souvent tourner la tête.
   Le bâtiment siffla. Nous voici montés, et le navire, quittant la jetée, s'éloigna sur une mer plate comme une table de marbre vert. Nous regardions les côtes s'enfuir, heureux et fiers comme tous ceux qui voyagent peu.
   

    Mon père tendait son ventre, sous sa redingote dont on avait, le matin même, effacé avec soin toutes les taches, et il répandait autour de lui cette odeur de benzine des jours de sortie, qui me faisait reconnaître les dimanches. Tout à coup, il avisa deux dames élégantes à qui deux messieurs offraient des huîtres. Un vieux matelot déguenillé ouvrait d'un coup de couteau les coquilles et les passait aux messieurs qui les tendaient ensuite aux dames. Elles mangeaient d'une manière délicate, en tenant l'écaille sur un mouchoir fin et en avançant la bouche pour ne point tacher leurs robes. Puis elles buvaient l'eau d'un petit mouvement rapide et jetaient la coquille à la mer.
    Mon père, sans doute, fut séduit par cet acte distingué de manger des huîtres sur un navire en marche. Il trouva cela bon genre, raffiné, supérieur, et il s'approcha de ma mère et de mes soeurs en demandant :
     - Voulez-vous que je vous offre quelques huîtres ?
 
   

     Ma mère hésitait, à cause de la dépense ; mais mes deux soeurs acceptèrent tout de suite. Ma mère dit, d'un ton contrarié :
    - J'ai peur de me faire mal à l'estomac. Offre ça aux enfants seulement, mais pas trop, tu les rendrais malades.

    Puis, se tournant vers moi, elle ajouta :
    - Quant à joseph, il n'en a pas besoin ; il ne faut point gâter les garçons.
  

    Je restai donc à côté de ma mère, trouvant injuste cette distinction. Je suivais de l'oeil mon père, qui conduisait pompeusement ses deux filles et son gendre vers le vieux matelot déguenillé.
    Les deux dames venaient de partir, et mon père indiquait à mes soeurs comment il fallait s'y prendre pour manger sans laisser couler l'eau ; il voulut même donner l'exemple et il s'empara d'une huître. En essayant d'imiter les dames, il renversa immédiatement tout le liquide sur sa redingote et j'entendis ma mère murmurer :
    - Il ferait mieux de se tenir tranquille.
 

    Mais tout à coup mon père me parut inquiet ; il s'éloigna de quelques pas, regarda fixement sa famille pressée autour de l'écailleur, et, brusquement, il vint vers nous. Il me sembla fort pâle, avec des yeux singuliers. Il dit, à mi-voix, à ma mère.
    - C'est extraordinaire, comme cet homme qui ouvre les huîtres ressemble à Jules.
    Ma mère, interdite, demanda :
    - Quel Jules ?...
    Mon père reprit :
    - Mais... mon frère... Si je ne le savais pas en bonne position en Amérique, je croirais que c'est lui.
   

    Ma mère effarée balbutia :
    - Tu es fou ! Du moment que tu sais bien que ce n'est pas lui, pourquoi dire ces bêtises-là ?
    - Va donc le voir, Clarisse ; j'aime mieux que tu t'en assures toi-même, de tes propres yeux.
   

    Elle se leva et alla rejoindre ses filles. Moi aussi, je regardais l'homme. Il était vieux, sale, tout ridé, et ne détournait pas le regard de sa besogne.
    Ma mère revint. Je m'aperçus qu'elle tremblait. Elle prononça très vite :
    - Je crois que c'est lui. Va donc demander des renseignements au capitaine. Surtout sois prudent, pour que ce garnement ne nous retombe pas sur les bras, maintenant !
    Mon père s'éloigna, mais je le suivis. Je me sentais étrangement ému.

     Le capitaine, un grand monsieur, maigre, à longs favoris, se promenait sur la passerelle d'un air important, comme s'il eût commandé le courrier des Indes.
    Mon père l'aborda avec cérémonie, en l'interrogeant sur son métier avec accompagnement de compliments :
    Quelle était l'importance de Jersey ? Ses productions ? Sa population ? Ses moeurs ? Ses coutumes ? La nature du sol, etc., etc.
    On eût cru qu'il s'agissait au moins des Etats-Unis d'Amérique.
    Puis on parla du bâtiment qui nous portait,     l'Express, puis on en vint à l'équipage. Mon père, enfin, d'une voix troublée :
    - Vous avez là un vieil écailleur d'huîtres qui parait bien intéressant. Savez-vous quelques détails sur ce bonhomme ?


    Le capitaine, que cette conversation finissait par irriter, répondit sèchement :
    - C'est un vieux vagabond français que j'ai trouvé en Amérique l'an dernier, et que j'ai rapatrié. Il a, parait-il, des parents au Havre, mais il ne veut pas retourner près d'eux, parce qu'il leur doit de l'argent. Il s'appelle Jules... Jules Darmanche ou Darvanche, quelque chose comme ça, enfin. Il parait qu'il a été riche un moment là-bas, mais vous voyez où il en est réduit maintenant.
    Mon père, qui devenait livide, articula, la gorge serrée, les yeux hagards :
    - Ah' ah, très bien... fort bien... Cela ne m'étonne pas... Je vous remercie beaucoup, capitaine.
   

    Et il s'en alla, tandis que le marin le regardait s'éloigner avec stupeur. Il revint auprès de ma mère, tellement décomposé qu'elle lui dit :
    - Assieds-toi ; on va s'apercevoir de quelque chose.
    Il tomba sur le banc en bégayant :
    - C'est lui, c'est bien lui !
    Puis il demanda.
    - Qu'allons-nous faire ?...
    Elle répondit vivement.
    - Il faut éloigner les enfants. Puisque Joseph sait tout, il va aller les chercher. Il faut prendre garde surtout que notre gendre ne se doute de rien.
    Mon père paraissait atterré. Il murmura :
    - Quelle catastrophe !


   
Ma mère ajouta, devenue tout à coup furieuse :
    - Je me suis toujours doutée que ce voleur ne ferait rien, et qu'il nous retomberait sur le dos ! Comme si on pouvait attendre quelque chose d'un Davranche !... Et mon père se passa la main sur le front, comme il faisait sous les reproches de sa femme.
    Elle ajouta :
    - Donne de l'argent à Joseph pour qu'il aille payer ces huîtres, à présent. Il ne manquerait plus que d'être reconnu par ce mendiant. Cela ferait un joli effet sur le navire. Allons-nous-en à l'autre bout, et fais en sorte que cet homme n'approche pas de nous !

 


 
    Elle se leva, et ils s'éloignèrent après m'avoir remis une pièce de cent sous.
    Mes soeurs, surprises, attendaient leur père.     

    J'affirmai que maman s'était trouvée un peu gênée par la mer, et je demandai à l'ouvreur d'huîtres :
    - Combien est-ce que nous vous devons, monsieur ?
    J'avais envie de dire : mon oncle.
  
 Il répondit :
    - Deux francs cinquante.


    Je tendis mes cent sous et il me rendit la monnaie.
    Je regardais sa main, une pauvre main de matelot toute plissée, et je regardais son visage, un vieux misérable visage, triste, accablé, en me disant :
    "C'est mon oncle, le frère de papa, mon oncle !"
    Je lui laissai dix sous de pourboire. Il me remercia :
    - Dieu vous bénisse, mon jeune monsieur !
    Avec l'accent d'un pauvre qui reçoit l'aumône. Je pensai qu'il avait dû mendier, là-bas ! Mes soeurs me contemplaient, stupéfaites de ma générosité.

     Quand je remis les deux francs à mon père, ma mère, surprise, demanda :
    - Il y en avait pour trois francs ?... Ce n'est pas possible.
    - J'ai donné dix sous de pourboire.
    Ma mère eut un sursaut et me regarda dans les yeux :
    - Tu es fou ! Donner dix sous à cet homme, à ce gueux !...
    Elle s'arrêta sous un regard de mon père, qui désignait son gendre. Puis on se tut.

    Devant nous, à l'horizon, une ombre violette semblait sortir de la mer. C'était Jersey.
    Lorsqu'on approcha des jetées, un désir violent me vint au coeur de voir encore une fois mon oncle Jules, de m'approcher, de lui dire quelque chose de consolant, de tendre.

    Mais, comme personne ne mangeait plus d'huîtres, il avait disparu, descendu sans doute au fond de la cale infecte où logeait ce misérable.

     Et nous sommes revenus par le bateau de Saint-Malo, pour ne pas le rencontrer. Ma mère était dévorée d'inquiétude.
    Je n'ai jamais revu le frère de mon père !
    Voilà pourquoi tu me verras quelquefois donner cent sous aux vagabonds.



 

 

A white-haired old man begged us for alms. My companion, Joseph Davranche, gave him five francs. Noticing my surprised look, he said:
    "That poor unfortunate reminds me of a story which I shall tell you, the memory of which continually pursues me. Here it is:
    "My family, which came originally from Havre, was not rich. We just managed to make both ends meet. My father worked hard, came home late from the office, and earned very little. I had two sisters.
    "My mother suffered a good deal from our reduced circumstances, and she often had harsh words for her husband, veiled and sly reproaches. The poor man then made a gesture which used to distress me. He would pass his open hand over his forehead, as if to wipe away perspiration which did not exist, and he would answer nothing. I felt his helpless suffering. We economized on everything, and never would accept an invitation to dinner, so as not to have to return the courtesy. All our provisions were bought at bargain sales. My sisters made their own gowns, and long discussions would arise on the price of a piece of braid worth fifteen centimes a yard. Our meals usually consisted of soup and beef, prepared with every kind of sauce. They say it is wholesome and nourishing, but I should have preferred a change.
    "I used to go through terrible scenes on account of lost buttons and torn trousers.

 "Every Sunday, dressed in our best, we would take our walk along the breakwater. My father, in a frock coat, high hat and kid gloves, would offer his arm to my mother, decked out and beribboned like a ship on a holiday. My sisters, who were always ready first, would await the signal for leaving; but at the last minute some one always found a spot on my father’s frock coat, and it had to be wiped away quickly with a rag moistened with benzene.
 
    "My father, in his shirt sleeves, his silk hat on his head, would await the completion of the operation, while my mother, putting on her spectacles, and taking off her gloves in order not to spoil them, would make haste.
   
     "Then we set out ceremoniously. My sisters marched on ahead, arm in arm. They were of marriageable age and had to be displayed. I walked on the left of my mother and my father on her right. I remember the pompous air of my poor parents in these Sunday walks, their stern expression, their stiff walk. They moved slowly, with a serious expression, their bodies straight, their legs stiff, as if something of extreme importance depended upon their appearance.
    "Every Sunday, when the big steamers were returning from unknown and distant countries, my father would invariably utter the same words:
    "'What a surprise it would be if Jules were on that one! Eh?'


     "My Uncle Jules, my father’s brother, was the only hope of the family, after being its only fear. I had heard about him since childhood, and it seemed to me that I should recognize him immediately, knowing as much about him as I did. I knew every detail of his life up to the day of his departure for America, although this period of his life was spoken of only in hushed tones.
    "It seems that he had led a bad life, that is to say, he had squandered a little money, which action, in a poor family, is one of the greatest crimes. With rich people a man who amuses himself only sows his wild oats. He is what is generally called a sport.But among needy families a boy who forces his parents to break into the capital becomes a good-for-nothing, a rascal, a scamp. And this distinction is just, although the action be the same, for consequences alone determine the seriousness of the act.
  

"Well, Uncle Jules had visibly diminished the inheritance on which my father had counted, after he had swallowed his own to the last penny. Then, according to the custom of the times, he had been shipped off to America on a freighter going from Havre to New York.
    "Once there, my uncle began to sell something or other, and he soon wrote that he was making a little money and that he soon hoped to be able to indemnify my father for the harm he had done him. This letter caused a profound emotion in the family. Jules, who up to that time had not been worth his salt, suddenly became a good man, a kind-hearted fellow, true and honest like all the Davranches.
  
    "One of the captains told us that he had rented a large shop and was doing an important business.
"Two years later a second letter came, saying: 'My dear Philippe, I am writing to tell you not to worry about my health, which is excellent. Business is good. I leave tomorrow for a long trip to South America. I may be away for several years without sending you any news. If I shouldn't write, don't worry. When my fortune is made I shall return to Havre. I hope that it will not be too long and that we shall all live happily together . . . .'

 
    "This letter became the gospel of the family. It was read on the slightest provocation, and it was shown to everybody.
    "For ten years nothing was heard from Uncle Jules; but as time went on my father’s hope grew, and my mother, also, often said:
    "'When that good Jules is here, our position will be different. There is one who knew how to get along!'

"And every Sunday, while watching the big steamers approaching from the horizon, pouring out a stream of smoke, my father would repeat his eternal question:
     "'What a surprise it would be if Jules were on that one! Eh?'
     "We almost expected to see him waving his handkerchief and crying:
     "'Hey! Philippe!'

    "Thousands of schemes had been planned on the strength of this expected return; we were even to buy a little house with my uncle’s money --a little place in the country near Ingouville. In fact, I wouldn't swear that my father had not already begun negotiations.
    "The elder of my sisters was then twenty-eight, the other twenty-six. They were not yet married, and that was a great grief to every one.
    "At last a suitor presented himself for the younger one. He was a clerk, not rich, but honorable. I have always been morally certain that Uncle Jules’ letter, which was shown him one evening, had swept away the young man’s hesitation and definitely decided him.
    "He was accepted eagerly, and it was decided that after the wedding the whole family should take a trip to Jersey.

    "Jersey is the ideal trip for poor people. It is not far; one crosses a strip of sea in a steamer and lands on foreign soil, as this little island belongs to England. Thus, a Frenchman, with a two hours’ sail, can observe a neighboring people at home and study their customs.
    "This trip to Jersey completely absorbed our ideas, was our sole anticipation, the constant thought of our minds.
   
     "At last we left. I see it as plainly as if it had happened yesterday. The boat was getting up steam against the quay at Granville; my father, bewildered, was superintending the loading of our three pieces of baggage; my mother, nervous, had taken the arm of my unmarried sister, who seemed lost since the departure of the other one, like the last chicken of a brood; behind us came the bride and groom, who always stayed behind, a thing that often made me turn round.
    "The whistle sounded. We got on board, and the vessel, leaving the breakwater, forged ahead through a sea as flat as a marble table. We watched the coast disappear in the distance, happy and proud, like all who do not travel much.
   
    "My father was swelling out his chest in the breeze, beneath his frock coat, which had that morning been very carefully cleaned; and he spread around him that odor of benzene which always made me recognize Sunday. Suddenly he noticed two elegantly dressed ladies to whom two gentlemen were offering oysters. An old, ragged sailor was opening them with his knife and passing them to the gentlemen, who would then offer them to the ladies. They ate them in a dainty manner, holding the shell on a fine handkerchief and advancing their mouths a little in order not to spot their dresses. Then they would drink the liquid with a rapid little motion and throw the shell overboard.
    "My father was probably pleased with this delicate manner of eating oysters on a moving ship. He considered it good form, refined, and, going up to my mother and sisters, he asked:
    "'Would you like me to offer you some oysters?'

     "My mother hesitated on account of the expense, but my two sisters immediately accepted. My mother said in a provoked manner:
    "'I am afraid that they will hurt my stomach. Offer the children some, but not too much, it would make them sick.'
    Then, turning toward me, she added:
    "'As for Joseph, he doesn't need any. Boys shouldn't be spoiled.'

    "However, I remained beside my mother, finding this discrimination unjust. I watched my father as he pompously conducted my two sisters and his son-in-law toward the ragged old sailor.
    "The two ladies had just left, and my father showed my sisters how to eat them without spilling the liquor. He even tried to give them an example, and seized an oyster. He attempted to imitate the ladies, and immediately spilled all the liquid over his coat. I heard my mother mutter:
    "'He would do far better to keep quiet.'

    "But, suddenly, my father appeared to be worried; he retreated a few steps, stared at his family gathered around the old shell opener, and quickly came toward us. He seemed very pale, with a peculiar look. In a low voice he said to my mother:
    "'It's extraordinary how that man opening the oysters looks like Jules.'
    "Astonished, my mother asked:
    "'What Jules?'
    "My father continued:
    "'Why, my brother. If I did not know that he was well off in America, I should think it was he.'
   

"Bewildered, my mother stammered:
    "'You are crazy! As long as you know that it is not he, why do you say such foolish things?'

"But my father insisted:
    "'Go on over and see, Clarisse! I would rather have you see with your own eyes.'

   

    "She arose and walked to her daughters. I, too, was watching the man. He was old, dirty, wrinkled, and did not lift his eyes from his work.
    "My mother returned. I noticed that she was trembling. She exclaimed quickly:
    "'I believe that it is he. Why don't you ask the captain? But be very careful that we don't have this rogue on our hands again!'
    "My father walked away, but I followed him. I felt strangely moved.

    "The captain, a tall, thin man, with blond whiskers, was walking along the bridge with an important air as if he were commanding the Indian mail steamer.
    "My father addressed him ceremoniously, and questioned him about his profession, adding many compliments:
    "'What might be the importance of Jersey? What did it produce? What was the population? The customs? The nature of the soil?' etc., etc.

    "'You have there an old shell opener who seems quite interesting. Do you know anything about him?'

   
   
   

    "The captain, whom this conversation began to weary, answered dryly:
    "'He is some old French tramp whom I found last year in America, and I brought him back.
It seems that he has some relatives in Havre, but that he doesn't wish to return to them because he owes them money. His name is Jules--Jules Darmanche or Darvanche or something like that. It seems that he was once rich over there, but you can see what's left of him now.'
    "My father turned ashy pale and muttered, his throat contracted, his eyes haggard.
     "'Ah! ah! very well, very well. I'm not in the least surprised. Thank youvery much, captain.'

    "He went away, and the astonished sailor watched him disappear. He returned to my mother so upset that she said to him:
    "'Sit down; some one will notice that something is the matter.'
    "He sank down on a bench and stammered:
    "'It's he! It's he!'
    "Then he asked:
    "'What are we going to do?'
    "She answered quickly:
    "'We must get the children out of the way. Since Joseph knows everything, he can go and get them. We must take good care that our son-in-law doesn't find out.'
    "My father seemed absolutely bewildered. He murmured:
    "'What a catastrophe!'

    "Suddenly growing furious, my mother exclaimed:
    "'I always thought that that thief never would do anything, and that he would drop down on us again! As if one could expect anything from a Davranche!'
    "My father passed his hand over his forehead, as he always did when his wife reproached him. She added:
    "'Give Joseph some money so that he can pay for the oysters. All that it needed to cap the climax would be to be recognized by that beggar. That would be very pleasant! Let's get down to the other end of the boat, and take care that that man doesn't come near us!'

   
   

    "They gave me five francs and walked away.
    "Astonished, my sisters were awaiting their father. I said that mamma had felt a sudden attack of sea-sickness, and I asked the shell opener:
    "'How much do we owe you, monsieur?'
    "I felt like laughing: he was my uncle! He answered:
    "'Two francs fifty.'

   

    "I held out my five francs and he returned the change. I looked at his hand; it was a poor, wrinkled, sailor’s hand, and I looked at his face, an unhappy old face. I said to myself:
    "'That is my uncle, the brother of my father, my uncle!'
    "I gave him a ten-cent tip. He thanked me:
    "'God bless you, my young sir!'
    "He spoke like a poor man receiving alms. I couldn't help thinking that he must have begged over there! My sisters looked at me, surprised at my generosity.

     When I returned the two francs to my father, my mother asked me in surprise:
    "'Was there three francs’ worth? That is impossible.'
    "I answered in a firm voice,
    "'I gave ten cents as a tip.'
    "My mother started, and, staring at me, she exclaimed:
    "'You must be crazy! Give ten cents to that man, to that vagabond--'
    "She stopped at a look from my father, who was pointing at his son-in-law. Then everybody was silent.

 

    "Before us, on the distant horizon, a purple shadow seemed to rise out of the sea. It was Jersey.
    "As we approached the breakwater a violent desire seized me once more to see my Uncle Jules, to be near him, to say to him something consoling, something tender. But as no one was eating any more oysters, he had disappeared, having probably gone below to the dirty hold which was the home of the poor wretch."





 

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