网站首页 (Homepage)                       欢   迎   访   问  谢  国  芳 (Roy  Xie) 的  个  人  主  页                    返回 (Return)
                    
Welcome to Roy  Xie's Homepage                   





                       ——
  外语解密学习法 逆读法(Reverse Reading Method)   解读法(Decode-Reading Method)训练范文 ——                 

解密目标语言:法语                                解密辅助语言:英语
              Language to be decoded:  French             Auxiliary Language :  English  

  
         
解密文本:《回忆》  [法国] 莫泊桑 原著          
 
 Souvenir
 par  Guy de Maupassant

 

                A Recollection            
                                                                         by  Guy de Maupassant     
                                                                

           法汉对照(French & Chinese)                             法英对照(French & English)                           英汉对照(English & Chinese)


  


     Comme il m'en vient des souvenirs de jeunesse sous la douce caresse du premier soleil! Il est un âge où tout est bon, gai, charmant, grisant. Qu'ils sont exquis les souvenirs des anciens printemps!


    Vous rappelez-vous, vieux amis, mes frères, ces années de joie où la vie n'était qu'un triomphe et qu'un rire? Vous rappelez-vous les jours de vagabondage autour de Paris, notre radieuse pauvreté, nos promenades dans les bois reverdis, nos ivresses d'air bleu dans les cabarets au bord de la Seine, et nos aventures d'amour si banales et si délicieuses?

    J'en veux dire une de ces aventures. Elle date de douze ans et me paraît déjà si vieille, si vieille, qu'elle me semble maintenant à l'autre bout de ma vie, avant le tournant, ce vilain tournant d'où j'ai aperçu tout à coup la fin du voyage.

    J'avais alors vingt-cinq ans. Je venais d'arriver à Paris; j'étais employé dans un ministère, et les dimanches m'apparaissaient comme des fêtes extraordinaires, pleines d'un bonheur exubérant, bien qu'il ne se passât jamais rien d'étonnant.

    C'est tous les jours dimanche, aujourd'hui. Mais je regrette le temps où je n'en avais qu'un par semaine. Qu'il était bon! J'avais six francs à dépenser!

    Je m'éveillai tôt, ce matin-là, avec cette sensation de liberté que connaissent si bien les employés, cette sensation de délivrance, de repos, de tranquillité, d'indépendance.

    J'ouvris ma fenêtre. Il faisait un temps admirable. Le ciel tout bleu s'étalait sur la ville, plein de soleil et d'hirondelles.

    Je m'habillai bien vite et je partis, voulant passer la journée dans les bois, à respirer les feuilles; car je suis d'origine campagnarde, ayant été élevé dans l'herbe et sous les arbres.
Paris s'éveillait, joyeux, dans la chaleur et la lumière. Les façades des maisons brillaient; les serins des concierges s'égosillaient dans leurs cages, et une gaîté courait la rue, éclairait les visages, mettait un rire partout, comme un contentement mystérieux des êtres et des choses sous le clair soleil levant.

    Je gagnai la Seine pour prendre L'Hirondelle qui me déposerait à Saint-Cloud.

    Comme j'aimais cette attente du bateau sur le ponton! Il me semblait que j'allais partir pour le bout du monde, pour des pays nouveaux et merveilleux. Je le voyais apparaître, ce bateau, là-bas, sous l'arche du second pont, tout petit, avec son panache de fumée, puis plus gros, plus gros, grandissant toujours; et il prenait en mon esprit des allures de paquebot.

    Il accostait et je montais.
    Des gens endimanchés étaient déjà dessus, avec des toilettes voyantes, des rubans éclatants et de grosses figures écarlates. Je me plaçais tout à l'avant, debout, regardant fuir les quais, les arbres, les maisons, les ponts. Et soudain j'apercevais le grand viaduc du Point-du-Jour qui barrait le fleuve.
    C'était la fin de Paris, le commencement de la campagne, et la Seine soudain, derrière la double ligne des arches, s'élargissait comme si on lui eût rendu l'espace et la liberté, devenait tout à coup le beau fleuve paisible qui va couler à travers les plaines, au pied des collines boisées, au milieu des champs, au bord des forêts.
    Après avoir passé entre deux îles, L'Hirondelle suivit un coteau tournant dont la verdure était pleine de maisons blanches. Une voix annonça:      "Bas-Meudon", puis plus loin: "Sèvres", et, plus loin encore: "SaintCloud".
    Je descendis. Et je suivis à pas pressés, à travers la petite ville, la route qui gagne les bois. J'avais emporté une carte des environs de Paris pour ne point me perdre dans les chemins qui traversent en tous sens ces petites forêts où se promènent les Parisiens.
    Dès que je fus à l'ombre, j'étudiai mon itinéraire qui me parut d'ailleurs d'une simplicité parfaite. J'allais tourner à droite, puis à gauche, puis encore à gauche et j'arriverais à Versailles à la nuit, pour dîner.
    Et je me mis à marcher lentement, sous les feuilles nouvelles, buvant cet air savoureux que parfument les bourgeons et les sèves. J'allais à petits pas, oublieux des paperasses, du bureau, du chef, des collègues, des dossiers, et songeant à des choses heureuses qui ne pouvaient manquer de m'arriver, à tout l'inconnu voilé de l'avenir. J'étais traversé par mille souvenirs d'enfance que ces senteurs de campagne réveillaient en moi, et j'allais, tout imprégné du charme odorant, du charme vivant, du charme palpitant des bois attiédis par le grand soleil de juin.
    Parfois, je m'asseyais pour regarder, le long d'un talus, toutes sortes de petites fleurs dont je savais les noms depuis longtemps. Je les reconnaissais toutes comme si elles eussent été justement celles mêmes vues autrefois au pays. Elles étaient jaunes, rouges, violettes, fines, mignonnes, montées sur de longues tiges ou collées contre terre. Des insectes de toutes couleurs et de toutes formes, trapus, allongés, extraordinaires de construction, des monstres effroyables et microscopiques, faisaient paisiblement des ascensions de brins d'herbe qui ployaient sous leur poids.
    Puis je dormais quelques heures dans un fossé et je repartis reposé, fortifié par ce somme.
Devant moi, s'ouvrit une ravissante allée dont le feuillage un peu grêle laissait pleuvoir partout sur le sol des gouttes de soleil qui illuminaient des marguerites blanches. Elle s'allongeait interminablement, vide et calme. Seul, un gros frelon solitaire et bourdonnant la suivait, s'arrêtant parfois pour boire une fleur qui se penchait sous lui, et repartant presque aussitôt pour se reposer encore un peu plus loin. Son corps énorme semblait en velours brun rayé de jaune, porté par des ailes transparentes et démesurément petites.
Mais tout à coup j'aperçus au bout de l'allée deux personnes, un homme et une femme, qui venaient vers moi. Ennuyé d'être troublé dans ma promenade tranquille j'allais m'enfoncer dans les taillis quand il me sembla qu'on m'appelait. La femme en effet agitait son ombrelle, et l'homme, en manches de chemise, la redingote sur un bras, élevait l'autre en signe de détresse.
    J'allai vers eux. Ils marchaient d'une allure pressée, très rouges tous deux, elle à petits pas rapides, lui à longues enjambées. On voyait sur leur visage de la mauvaise humeur et de la fatigue.
    La femme aussitôt me demanda:
    - Monsieur, pouvez-vous me dire où nous sommes? mon imbécile de mari nous a perdus en prétendant connaître parfaitement ce pays.
    Je répondis avec assurance:
    - Madame, vous allez vers Saint-Cloud et vous tournez le dos à Versailles.
    Elle reprit, avec un regard de pitié irritée pour son époux:
    - Comment! nous tournons le dos à Versailles? Mais c'est justement là que nous voulons dîner.
    - Moi aussi, Madame, j'y vais.
    Elle prononça plusieurs fois, en haussant les épaules:
    "Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu!" avec ce ton de souverain mépris qu'ont les femmes pour exprimer leur exaspération.
    Elle était toute jeune, jolie, brune, avec une ombre de moustache sur les lèvres.
    Quant à lui, il suait et s'essuyait le front. C'était assurément un ménage de petits bourgeois parisiens. L'homme semblait atterré, éreinté et désolé.
    Il murmura:
    - Mais, ma bonne amie... c'est toi...
    Elle ne le laissa pas achever:
    - C'est moi!... Ah! c'est moi maintenant. Est-ce moi qui ai voulu partir sans renseignements en prétendant que je me retrouverais toujours? Est-ce moi qui ai voulu prendre à droite au haut de la côte, en affirmant que je reconnaissais le chemin? Est-ce moi qui me suis chargée de Cachou...
Elle n'avait point achevé de parler, que son mari, comme s'il eût été pris de folie, poussa un cri perçant, un long cri de sauvage qui ne pourrait s'écrire en aucune langue, mais qui ressemblait à "tiiitiiit".
    La jeune femme ne parut ni s'étonner, ni s'émouvoir, et reprit:
    - Non, vraiment, il y a des gens trop stupides, qui prétendent toujours tout savoir. Est-ce moi qui ai pris, l'année dernière, le train de Dieppe, au lieu de prendre celui du Havre, dis, est-ce moi? Est-ce moi qui ai parié que M. Letourneur demeurait rue des Martyrs?... Est-ce moi qui ne voulais pas croire que Céleste était une voleuse?
    Et elle continuait avec furie, avec une vélocité de langue surprenante, accumulant les accusations les plus diverses, les plus inattendues et les plus accablantes, fournies par toutes les situations intimes de l'existence commune, reprochant à son mari tous ses actes, toutes ses idées, toutes ses allures, toutes ses tentatives, tous ses efforts, sa vie depuis leur mariage jusqu'à l'heure présente.
    Il essayait de l'arrêter, de la calmer et bégayait:
    - Mais, ma chère amie... c'est inutile... devant monsieur... Nous nous donnons en spectacle... Cela n'intéresse pas monsieur...
    Et il tournait des yeux lamentables vers les taillis, comme s'il eût voulu en sonder la profondeur mystérieuse et paisible, pour s'élancer dedans, fuir, se cacher à tous les regards; et, de temps en temps, il poussait un nouveau cri, un "tiiitiiit", prolongé, suraigu. Je pris cette habitude pour une maladie nerveuse.
    La jeune femme, tout à coup, se tournant vers moi, et changeant de ton avec une très singulière rapidité, prononça:
    - Si monsieur veut bien le permettre, nous ferons route avec lui pour ne pas nous égarer de nouveau et nous exposer à coucher dans le bois.
    Je m'inclinai; elle prit mon bras et elle se mit à parler de mille choses, d'elle, de sa vie, de sa famille, de son commerce. Ils étaient gantiers rue Saint-Lazare.
    Son mari marchait à côté d'elle, jetant toujours des regards de fou dans l'épaisseur des arbres, et criant "tiiitiiit", de moment en moment.
    A la fin, je lui demandai:
    - Pourquoi criez-vous comme ça?
    Il répondit d'un air consterné, désespéré:
    - C'est mon pauvre chien que j'ai perdu.
    - Comment? Vous avez perdu votre chien?
    - Oui. Il avait à peine un an. Il n'était jamais sorti de la boutique. J'ai voulu le prendre pour le promener dans les bois. Il n'avait jamais vu d'herbes ni de feuilles, et il est devenu comme fou. Il s'est mis à courir en aboyant et il a disparu dans la forêt. Il faut dire aussi qu'il avait eu très peur du chemin de fer; cela avait pu lui faire perdre le sens. J'ai eu beau l'appeler, il n'est pas revenu. Il va mourir de faim là-dedans.
    La jeune femme, sans se tourner vers son mari, articula:
    - Si tu lui avais laissé son attache, cela ne serait pas arrivé. Quand on est bête comme toi, on n'a pas de chien.
    Il murmura timidement:
    - Mais, ma chère amie, c'est toi...
    Elle s'arrêta net; et, le regardant dans les yeux comme si elle allait les lui arracher, elle recommença à lui jeter au visage des reproches sans nombre.
    Le soir tombait. Le voile de brume qui couvre la campagne au crépuscule se déployait lentement; et une poésie flottait, faite de cette sensation de fraîcheur particulière et charmante qui emplit les bois à l'approche de la nuit.
    Tout à coup, le jeune homme s'arrêta, et se tâtant le corps fiévreusement:
    - Oh! je crois que j'ai...
    Elle le regardait:
    - Eh bien, quoi!
     - Je n'ai pas fait attention que j'avais ma redingote sur mon bras.
    - Eh bien?
    - J'ai perdu mon portefeuille... mon argent est dedans.
    Elle frémit de colère, et suffoqua d'indignation.
    - Il ne manquait plus que cela. Que tu es stupide! Mais que tu es stupide! Est-ce possible d'avoir épousé un idiot pareil! Eh bien va le chercher, et fais en sorte de le retrouver. Moi je vais gagner Versailles avec monsieur. Je n'ai pas envie de coucher dans le bois.
    Il répondit doucement:
    - Oui, mon amie; où vous retrouverai-je?
    On m'avait recommandé un restaurant. Je l'indiquai.
    Le mari se retourna, et courbé vers la terre que son oeil anxieux parcourait, criant "tiiitiiit!" à tout moment, il s'éloigna.
    Il fut longtemps à disparaître; I'ombre, plus épaisse, I'effaçait dans le lointain de l'allée. On ne distingua bientôt plus la silhouette de son corps; mais on entendit longtemps son "tiiit tiiit! tiiit tiiit!" lamentable, plus aigu à mesure que la nuit se faisait plus noire.
    Moi, j'allais d'un pas vif, d'un pas heureux dans la douceur du crépuscule, avec cette petite femme inconnue qui s'appuyait sur mon bras.
    Je cherchais des mots galants sans en trouver. Je demeurais muet, troublé, ravi.
    Mais une grand'route soudain coupa notre allée. J'aperçus à droite, dans un vallon, toute une ville.
Qu'était donc ce pays?
    Un homme passait. Je l'interrogeai. Il répondit:
    - Bougival.
    Je demeurai interdit:
    - Comment Bougival? Vous êtes sûr?
    - Parbleu, j'en suis!
    La petite femme riait comme une folle.
    Je proposai de prendre une voiture pour gagner Versailles. Elle répondit:
    - Ma foi non. C'est trop drôle, et j'ai trop faim. Je suis bien tranquille au fond; mon mari se retrouvera toujours bien, lui. C'est tout bénéfice pour moi d'en être soulagée pendant quelques heures.
    Nous entrâmes donc dans un restaurant au bord de l'eau, et j'osai prendre un cabinet particulier.
    Elle se grisa, ma foi, fort bien, chanta, but du champagne, fit toutes sortes de folies... et même la plus grande de toutes.
    Ce fut mon premier adultère.

 
      How many recollections of youth come to me in the soft sunlight of early spring! It was an age when all was pleasant, cheerful, charming, intoxicating. How exquisite are the remembrances of those old springtimes!

Do you recall, old friends and brothers, those happy years when life was nothing but a triumph and an occasion for mirth? Do you recall the days of wanderings around Paris, our jolly poverty, our walks in the fresh, green woods, our drinks in the wine-shops on the banks of the Seine and our commonplace and delightful little flirtations?

I will tell you about one of these. It was twelve years ago and already appears to me so old, so old that it seems now as if it belonged to the other end of life, before middle age, this dreadful middle age from which I suddenly perceived the end of the journey.

I was then twenty-five. I had just come to Paris. I was in a government office, and Sundays were to me like unusual festivals, full of exuberant happiness, although nothing remarkable occurred.

Now it is Sunday every day, but I regret the time when I had only one Sunday in the week. How enjoyable it was! I had six francs to spend!

On this particular morning I awoke with that sense of freedom that all clerks know so well--the sense of emancipation, of rest, of quiet and of independence.

I opened my window. The weather was charming. A blue sky full of sunlight and swallows spread above the town.

I dressed quickly and set out, intending to spend the day in the woods breathing the air of the green trees, for I am originally a rustic, having been brought up amid the grass and the trees.

Paris was astir and happy in the warmth and the light. The front of the houses was bathed in sunlight, the janitress' canaries were singing in their cages and there was an air of gaiety in the streets, in the faces of the inhabitants, lighting them up with a smile as if all beings and all things experienced a secret satisfaction at the rising of the brilliant sun.

I walked towards the Seine to take the Swallow, which would land me at Saint-Cloud.

How I loved waiting for the boat on the wharf:

It seemed to me that I was about to set out for the ends of the world, for new and wonderful lands. I saw the boat approaching yonder, yonder under the second bridge, looking quite small with its plume of smoke, then growing larger and ever larger, as it drew near, until it looked to me like a mail steamer.

It came up to the wharf and I went on board. People were there already in their Sunday clothes, startling toilettes, gaudy ribbons and bright scarlet designs. I took up a position in the bows, standing up and looking at the quays, the trees, the houses and the bridges disappearing behind us. And suddenly I perceived the great viaduct of Point du Jour which blocked the river. It was the end of Paris, the beginning of the country, and behind the double row of arches the Seine, suddenly spreading out as though it had regained space and liberty, became all at once the peaceful river which flows through the plains, alongside the wooded hills, amid the meadows, along the edge of the forests.

After passing between two islands the Swallow went round a curved verdant slope dotted with white houses. A voice called out: "Bas Meudon" and a little further on, "Sevres," and still further, "Saint-Cloud."

I went on shore and walked hurriedly through the little town to the road leading to the wood.

I had brought with me a map of the environs of Paris, so that I might not lose my way amid the paths which cross in every direction these little forests where Parisians take their outings.

As soon as I was unperceived I began to study my guide, which seemed to be perfectly clear. I was to turn to the right, then to the left, then again to the left and I should reach Versailles by evening in time for dinner.

I walked slowly beneath the young leaves, drinking in the air, fragrant with the odor of young buds and sap. I sauntered along, forgetful of musty papers, of the offices, of my chief, my colleagues, my documents, and thinking of the good things that were sure to come to me, of all the veiled unknown contained in the future. A thousand recollections of childhood came over me, awakened by these country odors, and I walked along, permeated with the fragrant, living enchantment, the emotional enchantment of the woods warmed by the sun of June.

At times I sat down to look at all sorts of little flowers growing on a bank, with the names of which I was familiar. I recognized them all just as if they were the ones I had seen long ago in the country. They were yellow, red, violet, delicate, dainty, perched on long stems or close to the ground. Insects of all colors and shapes, short, long, of peculiar form, frightful, and microscopic monsters, climbed quietly up the stalks of grass which bent beneath their weight.

Then I went to sleep for some hours in a hollow and started off again, refreshed by my doze.

In front of me lay an enchanting pathway and through its somewhat scanty foliage the sun poured down drops of light on the marguerites which grew there. It stretched out interminably, quiet and deserted, save for an occasional big wasp, who would stop buzzing now and then to sip from a flower, and then continue his way.

All at once I perceived at the end of the path two persons, a man and a woman, coming towards me. Annoyed at being disturbed in my quiet walk, I was about to dive into the thicket, when I thought I heard someone calling me. The woman was, in fact, shaking her parasol, and the man, in his shirt sleeves, his coat over one arm, was waving the other as a signal of distress.

I went towards them. They were walking hurriedly, their faces very red, she with short, quick steps and he with long strides. They both looked annoyed and fatigued.

The woman asked:

"Can you tell me, monsieur, where we are? My fool of a husband made us lose our way, although he pretended he knew the country perfectly."

I replied confidently:

"Madame, you are going towards Saint-Cloud and turning your back on Versailles."

With a look of annoyed pity for her husband, she exclaimed:

"What, we are turning our back on Versailles? Why, that is just where we want to dine!"

"I am going there also, madame."

"Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu!" she repeated, shrugging her shoulders, and in that tone of sovereign contempt assumed by women to express their exasperation.

She was quite young, pretty, a brunette with a slight shadow on her upper lip.

As for him, he was perspiring and wiping his forehead. It was assuredly a little Parisian bourgeois couple. The man seemed cast down, exhausted and distressed.

"But, my dear friend, it was you--" he murmured.

She did not allow him to finish his sentence.

"It was I!, Ah, it is my fault now! Was it I who wanted to go out without getting any information, pretending that I knew how to find my way? Was it I who wanted to take the road to the right on top of the hill, insisting that I recognized the road? Was it I who undertook to take charge of Cachou--"

She had not finished speaking when her husband, as if he had suddenly gone crazy, gave a piercing scream, a long, wild cry that could not be described in any language, but which sounded like 'tuituit'.

The young woman did not appear to be surprised or moved and resumed:

"No, really, some people are so stupid and they pretend they know everything. Was it I who took the train to Dieppe last year instead of the train to Havre--tell me, was it I? Was it I who bet that M. Letourneur lived in Rue des Martyres? Was it I who would not believe that Celeste was a thief?"

She went on, furious, with a surprising flow of language, accumulating the most varied, the most unexpected and the most overwhelming accusations drawn from the intimate relations of their daily life, reproaching her husband for all his actions, all his ideas, all his habits, all his enterprises, all his efforts, for his life from the time of their marriage up to the present time.

He strove to check her, to calm her and stammered:

"But, my dear, it is useless--before monsieur. We are making ourselves ridiculous. This does not interest monsieur."

And he cast mournful glances into the thicket as though he sought to sound its peaceful and mysterious depths, in order to flee thither, to escape and hide from all eyes, and from time to time he uttered a fresh scream, a prolonged and shrill "tuituit." I took this to be a nervous affection.

The young woman, suddenly turning towards me: and changing her tone with singular rapidity, said:

"If monsieur will kindly allow us, we will accompany him on the road, so as not to lose our way again, and be obliged, possibly, to sleep in the wood."

I bowed. She took my arm and began to talk about a thousand things-- about herself, her life, her family, her business. They were glovers in the Rue, Saint-Lazare.

Her husband walked beside her, casting wild glances into the thick wood and screaming "tuituit" every few moments.

At last I inquired:

"Why do you scream like that?"

"I have lost my poor dog," he replied in a tone of discouragement and despair.

"How is that--you have lost your dog?"

"Yes. He was just a year old. He had never been outside the shop. I wanted to take him to have a run in the woods. He had never seen the grass nor the leaves and he was almost wild. He began to run about and bark and he disappeared in the wood. I must also add that he was greatly afraid of the train. That may have driven him mad. I kept on calling him, but he has not come back. He will die of hunger in there."

Without turning towards her husband, the young woman said:

"If you had left his chain on, it would not have happened. When people are as stupid as you are they do not keep a dog."

"But, my dear, it was you--" he murmured timidly.

She stopped short, and looking into his eyes as if she were going to tear them out, she began again to cast in his face innumerable reproaches.

It was growing dark. The cloud of vapor that covers the country at dusk was slowly rising and there was a poetry in the air, induced by the peculiar and enchanting freshness of the atmosphere that one feels in the woods at nightfall.

Suddenly the young man stopped, and feeling his body feverishly, exclaimed:

"Oh, I think that I--"

She looked at him.

"Well, what?"

"I did not notice that I had my coat on my arm."

"Well--?"

"I have lost my pocketbook--my money was in it."

She shook with anger and choked with indignation.

"That was all that was lacking. How stupid you are! how stupid you are! Is it possible that I could have married such an idiot! Well, go and look for it, and see that you find it. I am going on to Versailles with monsieur. I do not want to sleep in the wood."

"Yes, my dear," he replied gently. "Where shall I find you?"

A restaurant had been recommended to me. I gave him the address.

He turned back and, stooping down as he searched the ground with anxious eyes, he moved away, screaming "tuituit" every few moments.

We could see him for some time until the growing darkness concealed all but his outline, but we heard his mournful "tuituit," shriller and shriller as the night grew darker.

As for me, I stepped along quickly and happily in the soft twilight, with this little unknown woman leaning on my arm. I tried to say pretty things to her, but could think of nothing. I remained silent, disturbed, enchanted.

Our path was suddenly crossed by a high road. To the right I perceived a town lying in a valley.

What was this place? A man was passing. I asked him. He replied:

"Bougival."

I was dumfounded.

"What, Bougival? Are you sure?"

"Parbleu, I belong there!"

The little woman burst into an idiotic laugh.

I proposed that we should take a carriage and drive to Versailles. She replied:

"No, indeed. This is very funny and I am very hungry. I am really quite calm. My husband will find his way all right. It is a treat to me to be rid of him for a few hours."

We went into a restaurant beside the water and I ventured to ask for a private compartment. We had some supper. She sang, drank champagne, committed all sorts of follies.

That was my first serious flirtation.

          法语(FrenchOnly)                                                 英语(English Only)                                               汉语(Chinese Only)


 

 

          分类:              国芳多语对照文库 >> 法语-英语-汉语 >> 莫泊桑 >> 短篇小说      
    Categories:  Xie's Multilingual Corpus >> French-English-Chinese >> Maupassant  >>  Short Novel               
                                        
    

 

 



                              Copyright © 2001-2012 by Guofang Xie.    All Rights Reserved. 

                   谢国芳(Roy Xie)版权所有  © 2001-2012.   一切权利保留。
浙ICP备11050697号